Konpani Soul City | KANYAR

Une chorégraphie de Didier Boutiana

solo |

danse

Création 2017

Durée : 55 minutes

Tous publics

[KANYAR : marginal]

Dans la langue créole de La Réunion, le mot « kanyar » est communément utilisé pour désigner une personne marginale.

En sociologie, la marginalisation est le fait, pour un individu ou un groupe d’individus, de s’écarter de la norme de la société, de s’en exclure ou d’en être exclu avec une rupture, parfois brutale des liens sociaux.

Didier Boutiana aborde le conditionnement psychologique et social de l’individu et les conséquences de l’exclusion. Ce phénomène peut être regardé de deux perspectives : le groupe rejette l’individu, ou alors une personne quitte le chemin qui lui a été tracé, il tourne le dos à son environnement familial, social, en refusant le conditionnement.

Comme toute expérience violente, la rupture de lien s’engrave dans l’organisme, dans les émotions et dans la respiration. Pour le développement des postures, des gestes et des mouvements, le chorégraphe puise dans ses propres expériences et dans son environnement. Il approfondit la complexité de cette thématique afin d’en extraire un univers propre, un son, une couleur – un geste.  Une posture.

Cette recherche sur les états de corps est menée avec de celle autour de l’espace. Une étape quasi évidente pour ce chorégraphe ancré à La Réunion, territoire confiné entre la montagne et l’océan. D’entrée, l’objet scénographique est obstacle, mais aussi surface de projection, ligne de fuite, perspective.

Un être traverse l’espace. Il interroge les conventions, aussi celles du théâtre. Il brise conventions et liens pour s’affranchir.

Nous sommes tous des êtres traversés par l’histoire collective et des normes familiales, sociétales. Certains partent à l’exploration de ce qui se cache derrière. Ils vont vers l’inconnu et vers l’infini, décident de pousser les murs.

Mais à quel prix ?

KANYAR épilogue (30 minutes) a été développé en 2018 à la suite de KANYAR. Plus d’informations sur ce solo ici.

Didier Boutiana : lier l'engagement socio-culturel et création chorégraphique

La compagnie Soul City s’est toujours pleinement investie dans son art et participe activement, de manière directe ou indirecte, à l’insertion sociale des jeunes et des adultes en valorisant leur savoir-faire.

Depuis deux ans, la compagnie concourt à la prévention de la délinquance en développant une pédagogie de réussite, avec, comme point de départ, la valorisation de l’estime de soi.

En plus des différentes actions menées sur le territoire, Soul City s’est engagée depuis 2014 à participer à l’insertion sociale de mineurs placés sous protection judiciaire ainsi que d’individus incarcérés à la prison du Port à La Réunion.

Le principal objectif de ces actions porte sur une réelle valeur éducative, susceptible de faire renaître désir et intérêt chez les personnes ciblées, souvent en rupture avec la société.

Ces rencontres ont inspiré Didier Boutiana pour la création de KANYAR.

Les actions qu’il a menées dans les établissements judiciaires l’ont fait appréhender ce phénomène social sous un autre regard. La délinquance ne lui étant pas inconnue, ce milieu le touche et l’a influencé de manière directe dans ses choix personnels. Côtoyer cet univers a, en partie, conditionné son évolution dans la société.

Lors des actions de sensibilisation à la prison du Port, la prise de contact avec les détenus a suscité la curiosité de Didier Boutiana quant au profil de personnes en milieu carcéral. Il souhaite comprendre leur état d’esprit dans cet enfermement imposé par leurs actes passés.

Ces actions socio-culturelles l’ont poussé vers la création d’un spectacle qui aura la forme d’un solo : la délinquance peut être perçue à travers un mouvement collectif mais elle est avant tout une incarnation personnelle et complètement individuelle.

Le chorégraphe porte un intérêt particulier à l’individu. Cet individu qui est face à lui-même, dans ses moments de réflexion, de satisfaction, de doutes, de certitudes, dans sa mémoire. La recherche artistique reposera sur le propre vécu de Didier Boutiana, tout comme sur des témoignages, des rencontres et de la documentation. 

action culturelle | transmission | médiation

Ateliers de danse et de sensibilisation

Sous forme d’ateliers ouverts à tout public, c’est une découverte de la danse hiphop et de l’étude menée par la compagnie qui sont proposés en prélude au spectacle. Une approche par le corps, de la recherche artistique afin de mieux appréhender le spectacle auquel les ateliers sont rattachés.

Bord de Scène

Dans un souci d’échanges avec le public, la compagnie peut proposer en fin de spectacle une discussion autour de la pièce et de la démarche artistique du chorégraphe. C’est une rencontre « participative » entre artistes et spectateurs. Il est proposé au public un temps de parole, lui permettant de poser des questions sur la pièce, sur la danse et les danseurs ou juste d’exprimer leurs ressentis sur le moment qui vient d’être partagé.

Actions Sociales

La culture est un droit pour tous et pour chacun. Le chorégraphe Didier Boutiana mène des ateliers dédiés aux mineurs sous protection judiciaire afin de développer leur esprit critique, leur sens des valeurs, d’exercer leur libre-arbitre. Les ateliers de la compagnie Soul City portent une valeur éducative réelle, susceptible de faire renaître désir et intérêt chez des jeunes souvent en rupture avec la société. À travers une dynamique éducative autour de la pièce, la compagnie développe une pédagogie de la réussite, de la valorisation et de l’estime de soi. Ces valeurs rassemblent les jeunes autour d’une découverte artistique, l’ouverture sur eux-mêmes et sur les autres.

Photos © Jean-Noël Enilorac