HYPE OCC

HYPE OCC : faire circuler les œuvres, relier les territoires, défendre la culture

En 2023, camin aktion imaginait et créait HYPE OCC à Montpellier avec une ambition : faire de la richesse des danses issues de la culture hiphop et des esthétiques associées une dynamique régionale. Trois ans plus tard, le festival se déploie dans sept villes d’Occitanie. Cette croissance témoigne de l’engagement des partenaires et de la nécessité de faire circuler les artistes, les œuvres et les idées au-delà des frontières géographiques, institutionnelles et culturelles.

Mais cette vitalité ne doit pas masquer une réalité : le développement du festival se heurte à la fragilisation de ses financements publics.

Faire réseau pour faire culture

HYPE OCC rassemble des structures culturelles aux profils complémentaires : un bureau de production associatif, une compagnie, des lieux de proximité, scènes nationales, institutions chorégraphiques, cinéma indépendant et autres acteurs de la création et de la diffusion. Cette diversité est une force. Elle permet de faire dialoguer des pratiques, des publics et des territoires qui ne se rencontrent pas toujours.

En 2026, le festival relie Montpellier, Perpignan, Foix, Tarbes, Saverdun, Bessèges et Castelnau-le-Lez. Des métropoles aux villes moyennes et aux territoires ruraux, HYPE OCC contribue à faire vivre une offre culturelle en Occitanie, une région marquée par de fortes disparités sociales et territoriales.

Le réseau permet aux œuvres de circuler entre les partenaires, aux artistes de rencontrer de nouveaux publics et aux structures de mutualiser leurs moyens. Huit spectacles de la programmation danse circulent ainsi au sein du réseau. Organiser ces tournées de manière concertée limite les déplacements redondants et produit des économies à la fois financières et écologiques.

Cette coopération n’est pas seulement une organisation pratique. Elle construit des liens durables entre des acteurs culturels, contribue à une diversité des publics, élargit les possibilités de diffusion et rend visibles des démarches artistiques qui disposent encore de peu d’espaces de reconnaissance.

Décloisonner les cultures et les institutions

Les danses issues du hiphop et les esthétiques associées ne forment pas un ensemble homogène. Elles puisent dans des histoires, des communautés et des contextes sociaux multiples. Leurs racines sont notamment africaines, latinas et diasporiques ; d’autres pratiques, comme le waacking ou le voguing, sont liées à des communautés minorisées. Ces cultures sont vivantes : elles se transmettent, se transforment, se croisent et inventent sans cesse de nouvelles formes.

Longtemps développées en dehors des cadres académiques, elles portent des regards sur le monde, des identités et des revendications. Les considérer pleinement comme des expressions artistiques, c’est aussi reconnaître les personnes et les communautés qui les font vivre.

HYPE OCC veut créer des espaces de rencontre entre ces pratiques et les institutions culturelles, entre les artistes et les publics, entre les générations et les territoires. L’ouverture du festival à l’Opéra Comédie de Montpellier, avec la présence du krump et de nouvelles communautés dans ce cadre, illustre cette volonté de construire des ponts plutôt que de maintenir les frontières.

La diversité des propositions artistiques témoigne de cette ambition : faire dialoguer les danses avec la musique, le cinéma, les arts visuels et les enjeux de société ; accueillir des artistes émergent·es comme des chorégraphes confirmé·es ; offrir une place à des écritures singulières, parfois encore peu représentées dans les programmations institutionnelles.

La culture, une question de démocratie

Nous considérons la culture comme une mission de service public. Elle ne devrait pas être réservée à celles et ceux qui en maîtrisent déjà les codes, disposent des ressources nécessaires ou vivent à proximité des grands équipements. Chacun·e doit pouvoir découvrir des œuvres, pratiquer, rencontrer des artistes et prendre part à la vie culturelle.

La démocratie culturelle suppose cette possibilité réelle de participation. Elle demande du temps, des moyens, des lieux, des artistes et équipes rémunéré·es et des structures capables de travailler dans la durée. Elle ne se décrète pas : elle se construit au fil des projets, des rencontres et des coopérations.

L’accessibilité fait partie de cette démarche. Elle concerne les conditions d’accueil, la diversité des publics et la possibilité de vivre une sortie culturelle sans que l’isolement, la distance ou les habitudes institutionnelles constituent des obstacles. Cette année à Montpellier, nous expérimentons notamment un dispositif de mise en relation pour les personnes qui souhaitent partager une sortie au spectacle.

Faire réseau, c’est aussi prendre au sérieux les conditions concrètes de la rencontre.

Une croissance fragilisée par le retrait des financements publics

En 2024, HYPE OCC proposait une programmation dans trois villes. En 2025, elle s’est étendue à cinq villes. En 2026, elle en réunit sept ; deux nouveaux partenaires ont dû se retirer suite à la coupe des subventions.

Cette progression repose sur le travail des partenaires et sur des financements qui ont permis de soutenir la dimension régionale du festival. En 2025, le Fonds Festivals de la DRAC Occitanie apportait un soutien essentiel à la dynamique régionale, reconnaissant la dynamique et la place de HYPE OCC, en complément du soutien de la Région Occitanie. Le Ministère de la Culture a décidé du retrait total de l’aide du Fonds Festivals en 2026.

La Région Occitanie maintient la même contribution en 2026 tout comme la Ville de Montpellier et d’autres collectivités en région. Ces soutiens des collectivités territoriales sont importants, mais ne compensent pas la disparition du soutien de la DRAC.

Les chiffres illustrent le décalage entre le développement territorial et les moyens disponibles. La contribution de la Région rapportée au nombre de villes impliquées baisse de près de 29% en un an.

Ces ratios donnent la mesure de la tension qui s’installe.

En 2026, le mécénat de la Caisse des Dépôts, de la SACD et de l’Onda dans le cadre du Programme TRIO(S) volet émergence, soutient par ailleurs la programmation en réseau d’un spectacle entre Montpellier et Tarbes, une reconnaissance de l’importance de la mobilité des œuvres rendue possible par notre structuration en réseau collaboratif.

La programmation grandit, les coopérations s’approfondissent, mais les ressources publiques ne suivent pas la même trajectoire. Cette situation fragilise non seulement une édition, mais aussi le travail des structures qui rendent possible cette dynamique régionale.

Défendre un modèle culturel durable

Les financements culturels ne sont pas une dépense sans retour. Ils permettent de rémunérer des artistes, des technicien·nes, du personnel administratif et des prestataires ; ils financent le système social et soutiennent l’activité des lieux de spectacle, des hébergements, de la restauration et des commerces. Ils contribuent à faire vivre des écosystèmes culturels et économiques sur les territoires.

Mais leur importance ne se réduit pas à leurs retombées économiques. La culture rend possible la rencontre avec d’autres imaginaires, nourrit le débat, ouvre des perspectives et permet à des personnes qui ne se côtoient pas habituellement de partager une expérience. Elle participe à la cohésion sociale et à la capacité d’une société à se représenter autrement son avenir.

La billetterie du festival est importante, tout comme l’engagement des partenaires et du public. Mais elle ne peut à elle seule compenser le retrait des financements publics. Un modèle qui repose toujours davantage sur le bénévolat et les financements privés risque aussi de réduire les marges de liberté artistique et de rendre l’accès à la culture plus inégal.

Nous voulons défendre un modèle qui permette aux artistes de créer et de diffuser leurs œuvres dans de bonnes conditions, aux structures de coopérer dans la durée et aux publics de rencontrer une création diverse, sans que la possibilité de cette rencontre dépende uniquement des ressources de chacun·e.

HYPE OCC a besoin de vous

Le festival est une aventure collective. Sa présence dans sept villes est le résultat d’un travail partagé, d’une conviction commune et d’une volonté de faire circuler la danse sur les territoires.

Votre présence aux spectacles compte. En achetant un billet, vous soutenez les artistes et les partenaires qui font vivre cette programmation. Vous pouvez également contribuer par un don ponctuel ou régulier, ou par un mécénat d’entreprise, financier, en nature ou en compétences.

camin aktion est habilitée à délivrer des reçus fiscaux pour les dons éligibles. À titre d’exemple, un don de 100€ peut représenter un coût de 34€ après réduction d’impôt, sous réserve des conditions fiscales applicables.

Soutenir HYPE OCC, c’est contribuer à faire vivre une culture populaire et exigeante, à relier les territoires et à défendre la possibilité, pour toustes, de découvrir et de partager la création.

Quand l’État se désengage, la solidarité devient essentielle.

Ensemble, faisons vivre la culture !

HYPE OCC · 4ᵉ édition · 9 oct. – 25 nov. 2026HYPE OCC · 9 oct. – 25 nov.Voir le programme →×
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