Naïf Production | La chair a ses raisons

Un solo 

Création 2018

35 à 40 minutes

suivi d’un échange avec le public de 30 minutes

Jauge maximale 100 personnes

Tous publics

Actions de transmission

La Chair a ses raisons est une étude sur les chairs et leur capacité à dire, par la trace et la promesse, un peu de cet en-commun manifeste et fuyant qui nous relie tous.

Elle est l’hypothèse posée du corps comme matrice de la pensée, terrain de nos conflits premiers, des maux et des mots, terreau de toutes les histoires.

Nous sommes ici juste avant. Juste avant que des chairs en amas, l’homme n’advienne. Juste avant le culturel, à la lisière du désiré. Quand celui-ci, remous sourd sous la surface des choses, ne sait encore dire son nom, mais se laisse entendre pour ce qu’il est, le bruit de fond de nos existences.

Chorégraphie et interprétation Mathieu Desseigne-Ravel | Conseil artistique Sara Vanderieck et Lucien Reynès | Création lumière Pauline Guyonnet | Création sonore Philippe Perrin
Coproduction CDCN – Les Hivernales à Avignon, Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine, KLAP – Maison pour la danse de Marseille.
Avec le soutien de L’Agora – cité internationale de la danse de Montpellier.
Naïf Production est artiste associé au CDCN-Les Hivernales/Avignon et bénéficie du soutien de la DRAC PACA.

Le travail sur la chair est une question intime. C’est effectivement une expérience de la disparition. Et mon trajet d’artisan du plateau, terme que je préfère à celui d’artiste, a quelque chose à voir avec un trajet de disparition.

On arrive à la disparition momentanée de l’humain, du JE, de l’initiateur, de l’interprète. Cette disparition crée de l’espace, un espace qui était a priori un espace inclusif. Le matériau travaille et met à distance les velléités créatrices. Il ne s’agit pas d’être malin pour vouloir dire ceci ou cela. Ce qui structure la relation du spectateur à ce matériau-là est quelque chose qui se situe entre attraction et répulsion, est travaillé par une norme culturelle qui est celle de la représentation du beau. (…)

Si le spectateur sort en se disant, j’ai douté de la nature des choses sur lesquelles mon regard s’est porté, voilà qui me va très bien. En faisant du spectacle vivant, on fait une hypothèse disant qu’il y a la possibilité d’un transfert, c’est à dire qu’il reste de l’expérience vécue à cet instant quelque chose qui puisse être superposé à l’expérience vécue globale. Et je pense que globalement, si on se mettait à douter un peu plus de la nature de ce qu’on voit, on s’en porterait mieux. Et s’il n’y avait que ça qui se dit ici, j’en serais très heureux. Le spectacle vivant ne doit produire ni du consentement ni du contentement. Il doit être un lieu qui rend possible l’expression d’une voie divergente.

           Mathieu Desseigne-Ravel dans un entretien avec Thomas Hahn pour Danser Canal Historique (mars 2018)

Photos © Laurent Onde (couleur) et Mirabel White (noir & blanc),