Accompagnement en diffusion: Cie Flowcus | Bruce Chiefare (Rennes)

Quelque chose de nouveau émerge, se cherche, depuis quelques années. Une génération d’artistes issu.e.s du mouvement hiphop, familier.e.s autant avec le cercle, le cypher, les battles, qu’avec la scène – des univers abordés sans complexe et complémentaires.

Souvent, leur projection sur la scène frontale du plateau de théâtre débute en tant qu’interprètes, avant de découvrir, souvent la trentaine atteinte, une envie, ce besoin, de s’exprimer par eux-mêmes, d’oser l’acte chorégraphique, celui de l’écriture. Leur évolution artistique et humaine les a formée dans une culture, le hiphop, qui s’exprime avec une multitude de formes – le terme de « disciplines » ne fait plus de sens, tellement cette catégorisation de l’expression artistique montre ses limites. Cette approche polymorphe permet l’invention d’un art hybride, insolite et inattendu. Une liberté de déployer l’acte créateur.

Certain.e.s interrogent ainsi l’approche de la création, sortent des sentiers battus, s’émancipent d’attentes et de prétendus parcours de vie pour vivre leur art qui est aussi un art de vivre plus qu’une pratique « apprise ». La forme non-académique de la culture hiphop peut permettre cela, éventuellement : éviter le formatage.

Bruce Chiefare, bboy rennais de renom, après une vie de breaker et d’interprète dans de compagnies reconnues, a décidé de vivre une césure organique dans sa vie pour se consacrer à l’art du Bonsaï. Qu’est-ce que l’accompagnement, pendant deux ans, de la croissance d’un arbre, cette obsession de l’humain de cultiver le vivant et d’accepter d’apprendre de la matière organique, nous dit de sa danse, aujourd’hui, lorsqu’il cultive l’approche d’une autre notion vivante qui sont le corps, le mouvement, les vibrations ?

Bruce Chiefare : « Mon parcours m’a amené à penser plus profondément l’acte dansé. C’est au sein de ma compagnie, Flowcus, que je décide de prolonger ce questionnement. Tout en préservant l’essence même et la nécessité d’exister du hiphop, je cherche à porter un regard différent et à enrichir une écriture singulière pour la danse urbaine. Le mouvement est au cœur, prétexte à la réflexion et à se redécouvrir. L’objectif est de l’accompagner, de lui insuffler le nécessaire pour qu’il puisse se conceptualiser mais essentiellement pour y trouver une émotion, un ressenti, au service d’une histoire ou d’un propos. Si l’idée de toujours repousser la limite de la danse est présente, la simplicité, le naturel, le rythme des corps, demeurent dans l’élaboration de la chorégraphie. Les gestes sont déconstruits pour offrir les chemins du possible, ou chacun peut exister à sa façon, comme un regard sur le monde, mais pour mieux vivre ensemble. »

Le franchissement des frontières étant notre ADN, une approche entre  camin aktion et Bruce Chiefare était naturelle. Accompagné par le bureau de production Hectores à Rennes dans le développement de ses projts, c’est en harmonieuse conversation avec le chorégraphe et cette structure que les échanges se sont opérés. Ainsi, une mission de diffusion du duo Influences 2.0 de Bruce Chiefare a été confiée à notre structure pour une coopération avec ce jeune chorégraphe.