Collectif L.G-S.

David Gaulein-Stef & Jacques Lazzari

Montpellier/Alès | France

Il fallait une école de théâtre à Paris et la douceur du Midi pour que les chemins de ces deux artistes aux parcours éclectiques se croisent.

Jacques Lazzari découvre l’écriture théâtrale en 1996. Depuis, sous sa plume sont nées plusieurs pièces de théâtre et une trentaine de poèmes. Attiré par la scène, il se forme au métier de comédien d’abord avec une compagnie de théâtre, puis par des formations professionnelles.

En tant qu’auteur, Jacques Lazzari définit l’écriture comme étant le premier acte théâtral : pour lui, l’écriture est synonyme de jeu parce que créatrice de personnages, de situations, d’images, d’histoires.

David Gaulein-Stef, né en Guyane et installé à Montpellier, est danseur-interprète de formation. Il a évolué avec de nombreuses compagnies de danse contemporaine, afro-contemporaine et hiphop ; en tant que chorégraphe, il signe un solo. Intervenant dans le processus de création, il affine la dimension émotionnelle du danseur interprète par un travail de (post)dramaturgie et de coaching des interprètes. Il élargit son horizon au-delà de l’art du mouvement, en se formant en jeu d’acteur au Studio Pygmalion, Paris, où il rencontre Jacques Lazzari. Pour ajouter encore une corde à son arc, David est enseignant diplômé en Pilates et exerce à Montpellier.

Ma chaise de Paille, une pièce pour deux acteurs, écrite par Jacques Lazzari, est leur premier projet de mise en scène et d’interprétation commune, pour laquelle les deux artistes ont fondé le Collectif L.G-S., porté par camin aktion.

extraits…

Personnage 1

Ma chaise et moi nous sommes de grands voyageurs pédestres. Nous sommes comme l’escargot. Elle fait la coquille et moi le transporteur.

Nous ne sommes pas de chez vous Monsieur.

On vient d’ailleurs, on s’arrête ici et on va là-bas.

Et quand on sera là-bas, on viendra d’ici pour aller ailleurs.

Moi je suis un nomade. Et un nomade, ça s’en va au petit jour, sans paroles. Je pars et c’est tout… Je pars toujours au petit jour du matin par le premier sentier. Il guide mes pas pour l’ailleurs.

Marcher, marcher, partir, fuir, s’enfuir d’ici, admirer d’autres arbres qui portent le point de lune, d’autres ciels de jour de nuit, par tous les temps.

Marcher, marcher, aller de plus en plus loin, jusqu’au bout et même au-delà.

Marcher, marcher pour oublier, marcher pour se souvenir, marcher pour croire, marcher pour être, marcher pour mille raisons mais marcher.

Et à chaque jour son pas de sept lieues.

Alors, vos pas pour nulle part seraient bien utiles à mes pas pour la route.

Personnage 2

Je ne suis pas vendeur.

Je suis le seul maître de mes pas et si je veux les perdre cela ne regarde que moi…

Moi je vis ici, sans être de là d’ailleurs. J’ai migré en une seule fois. C’est mieux…

C’est mieux surtout quand on va d’un endroit à un autre et pour rester là.

Je le confesse, je n’ai pas observé la logique mathématique qui veut que du point A au point B la droite soit le plus court chemin. Mais ça c’est de la théorie parce que la route n’est jamais droite même dans les droites…

Vous préférez quoi vous, les droites ou les courbes ?

Personnage 1

Les sentiers…

Les sentiers sauvages juste dessinés par la nature.Les sentiers où je marche sans raison, juste pour avancer, pour laisser une trace qui sera soufflée par Eole…

Personnage 2

Le Vent.

Personnage 1

On dit le, mais ils sont les : le Mistral, la Tramontane, le Vent du Nord, le Vent du Midi…

Personnage 2

Le Sirocco, l’Autan Blanc, l’Autan Noir…

Personnage 1

Et les autres, tous les autres.

Le Vent est un singulier pluriel. Il est libre.

« Et, surtout, que le vent emporte mes paroles. » Cros, Charles Cros.